dimanche 8 février 2009

Under the snow


Ouais, on sait, désolé, nous sommes impardonnables. Plus de deux mois sans nouvelles, c'est moche. En fait, c'est surtout parce qu'on a été assez occupés. D'abord, Noël, le retour ici, pas mal de taf, notre ami Fred qui est venu passer un week-end dans notre beau pays, pas mal de sorties, tout ça.

Donc, reprenons dans l'ordre. Clem est rentré une semaine après moi à Dublin, le temps d'aller se ressourcer sur les pistes rouges, s'ils ont des pistes rouges sur ces petites montagnes. Moi, pendant ce temps-là, j'ai bossé, passé le réveillon à Dublin, loin de mes amis normands, rahhh, et puis j'ai eu l'occasion de dire au revoir à Adur et Nozomi, nos anciens colocs, qui ont quitté Dublin, la faute au Japon, à l'Irlande, à des problèmes de visa. Toujours est-il que nous avons eu le plaisir d'accueillir les non moins chaleureux Oscar et Ana, un couple d'espagnols qu'il est bien, elle tout dans la retenue, la timidité, le sourire, et lui dans l'expansivitié, la franchise et la PS3.

Bref, ils sont très sympas, et on est toujours ravis dans notre bel appart.

Ensuite, en janvier, il y a eu Fred, notre pote du Havre, qui est venu passé un p'tit week-end avec nous. On en a profité pour aller visiter avec lui la baraque de notre pote Vincent, en dehors de Dublin, à Leixlip, un coin charmant.

Sinon, voilà, pour le reste, on passe pas mal de temps avec des Français, Emilie, ancien collègue de Clem, Evane, une des mes anciennes collègues, Thomas, mon collègue, et le Murray's, mon meilleur ami depuis qu'il diffuse les matches de Caen (deux derniers matches de Caen diffusés, même si c'est loin de nous porter bonheur).

Bref, sinon, cette semaine, il a neigé à Dublin, ça arrive une fois tous les dix ans, paraît-il, j'ai l'impression de partir à la chasse au tire-fesses quand je me rends au boulot, j'ai fait une bataille de boules de neige avec des collègues (ma dernière bataille devait remonter à une dizaine d'années). C'est peu dire que le coin est joli, autour de ma boîte, quand tout est blanc.


Attention, chaussée glissante


Sinon, en vrac :

- y avait des centaines de Français dans les rues hier, la faute à ce superbe Irlande-France, parfaitement négocié par les Bleus, sûrement parce qu'ils ont chanté la Marseillaise un peu fort au début
- on a été ans une soirée bondée d'Irlandais, et c'est qu'on se rend compte que putain, quand ils décident de parler vite avec leur accent en "oïe", c'est super dur de les suivre. Heureusement, deux nanas bredouillaient le Français.
- on a visité le National Museum of Ireland, c'est nul.
- on avait déjà visité la National Gallery, c'est mieux.
- cette semaine on va visiter l'expo Bodies, qui est pour résumer, une exposition de cadavres (en fait, les corps sont présentés en coupe ou uniquement par leurs vaisseaux sanguins, dans des situations diverses et variées du quotidien). On vous dira comment c'était, ça fait le Tour du Monde, cette expo, donc si vous voulez la voir un jour.
- on a loupé le concert du siècle, au Cargö le 5 février.
- on pense faire un tour en France en mars ou avril.
- les parents de Clem débarquent jeudi.
- mon pote Florian débarque en avril.

On donnera de nouvelles rapidement, promis, cette fois.

Et une flopée de photos pour finir...

Mon lieu de travail, plus près du Pôle



Sale temps pour les palmiers...

jeudi 20 novembre 2008

Efix, Anne, Sardou et Nous

CLEM :
Terres brûlées au vent, des landes de pierre… Voila, maintenant que vous êtes dans l’ambiance et tous (ou presque) en train de siffloter du Michel Sardou, le récit de notre expédition au Connemara peut commencer. Nous sommes donc partis par un samedi matin bien ensoleillé, ce qui est assez rare pour être précisé, avec Efix et Anne Cottin (eh eh) qui sont venus, au risque de perdre leur job, au moins pour l’un des deux, passer une semaine à Dublin. Nous sommes donc allés louer une voiture, une superbe Toyota Yaris dont le volant était bizarrement situé à droite. Etant donné que Julien est moi-même sommes encore trop jeunes pour conduire ici, c’est François-Xavier qui nous a conduit tout au long de ce week-end.


Au bout de trois heures de route à gauche, nous voila arrivés à l’autre bout de l’Irlande, Galway, la porte d’entrée du Connemara.

Galway a le mérite d'être un peu plus "typique" que ne l'est Dublin, cité multicolore et multiculturelle, melting-pot accueillant à peu près toutes les nationalités d'Europe. Galway est aussi une petite ville. Avec un grand Penneys. Penneys, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un peu... le Tout à 2 euros de la fringue.

C'est au Penneys que Julien et moi avons acheté une literie complète pour 35 euros. C'est à Penneys que vous pouvez trouver des T-shirts originaux et pas si fragiles à 4 euros. Quand ils ne sont pas en solde. Comme dit Efix, dans ce genre de magasin, on ne peut pas ignorer qu'il y a bien un maillon de la chaîne qui en pâtît. Mais s'en tirer pour moins de 50 euros pour trois T-shirts, une chemise avec cravate, une paire de chaussures, des sous-vêtements, deux blousons et j'en passe, je vous jure, ça fait taire la bonne conscience.

Après le Penneys de Galway, direction l'auberge que nous avions choisie pour dormir le samedi soir. Et nous sommes arrivés chez Steve (pas Savidan, non, un autre).

Déjà, le panneau dans le bourg qui indiquait la direction opposée, ça aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Steve a élu domicile dans un ancien monastère, derrière l'église. Et la maison de Steve, c'est juste un truc indescriptible, une baraque à mi-chemin entre le taudis et la caverne d'Ali Baba, ou entre Eurodisney et la grotte de Lascaux.

La douche...

Chez Steve, on trouve de tout :
-des crânes d'animaux non identifiés
-un vivarium rempli de peluches
-une cage à lapins avec une pancarte "Don't Talk To The Animals"
-des cabines de douche/boîtes de nuit, avec guirlandes électriques bleues pour tapisser les parois, avec gramophone et musiques des années 50
-des chambres dans lesquelles on s'installe comme on peut
-du pudding qu'il fait lui-même (c'est mon premier pudding, et c'est pas vraiment un truc de dingue)
-un américain gentil comme tout (mais on y reviendra)
-un Français de Coutances
-une Française Wookie
-un homme d'entretien qui semblait français et qui avait oublié son amabilité quelque part entre la France et Letterfrack
-des caravanes
-un bar pour faire des fêtes
-une collection de casquettes
-des tableaux impressionnistes, cubistes, surréalistes, pointillistes
-des affiches vantant des expositions en France en 1931

Bon, on s'est un peu demandé si Steve n'était pas en fait un mort qui n'avait jamais renoncé à s'occuper des touristes, surtout qu'il avait mystérieusement disparu de la surface de l'Irlande quand nous sommes arrivés, mais bon, des lits chauds, le petit déj frais, tout cela pour 15 euros par personne, franchement, pour passer quelques heures dans un lieu si surréaliste, on a pas eu l'impression de se faire avoir.

Le lendemain matin, nous avons donc exploré le Connemara. Après une petite ballade dans les montagnes environnantes, Efix et Julien ont tenté de sympathiser avec de braves autochtones laineux, braves mais finalement si peu amicaux.

Direction la Toyota, pour reprendre la route, et pas n'importe laquelle : the Skyroad.




Bon là, on atteint un point de la narration ou je vais devoir laisser les images parler pour moi. Parce que même Chateaubriand et Sardou ne suffiraient pas pour décrire le Connemara, ce vent qui fouette le visage et qui ramène les vagues se fracasser contre les rochers, ces paysages vallonnés, ces lacs, ces routes en zig-zag parfois arpentés par des troupeaux de ruminants à l'air jovial, ces averses brutales et cette impression de totale communion avec la nature sauvage (ouais, je sais, je commence à écrire comme un journaliste de Géo). Bref, venez dans le Connemara, bon dieu de nouille, ou mourrez idiots.

Au final, ce fut un week-end d'une rare plénitude que nous avons passé sur les routes et les plateaux avec nos amis les nouveaux mariés. D'ailleurs ce fut une super semaine, marquée également, en vrac, par une séance de cinéma de première bourre (le dernier 007), un fast-food d'anthologie (le Eddie Rockett's), quelques heures inoubliables dans un pub (Anne retrouve une copine pas vue depuis deux ans, Julien subit les assauts d'un fan qui le poursuit en hurlant "You're my hero" après qu'il lui ait dit quel métier il exerçait en Irlande), et quelques films regardés tous les quatre, dans notre super appart.


JUL :


Sinon, les autres nouvelles :
-il semble que je vais pouvoir garder mon job assez longtemps pour valider mes six mois, ce qui est inattendu.
-il semble que Clem pourra valider ses six mois aussi, mais pas plus, vu que sa boîte se débarrasse des stagiaires, ce qui est inattendu, mais con (elle bossera donc jusque début décembre).
-nous nous entendons super bien avec nos colocs et notre appart est parfait (y a que les cloches de Christchurch tous les dimanche matins qui donnent envie de se tirer une balle dans le pied, surtout quand on n'a pas le double vitrage).
-on vient de vivre un match de dingue au Murray's (pour ceux qui ne connaissent pas, lire article ci-dessous), France-Uruguay, une rencontre mi-emmerdante, mi-Savidan
-notre pote Vincent a déménagé hors de Dub' pour se rapprocher de son taf
-j'ai gagné 80 euros au poker dans un cercle de jeu
-Clem a failli se casser le pied dans un moment de nostalgie gymnastique mais ça va mieux
-j'ai repris les overtimes (heures sup'), six jours de boulot par semaine, 10 heures chacun, vlan.
-nous rentrons tous les deux pour Noel, Clem deux semaines et moi juste une, mais quand même assez pour ne pas louper Caen-Lyon

Enfin, pour conclure, nous aurons bientôt le plaisir d'accueillir mes parents au pays de James Joyce (entre le 28 et le 30 novembre). N'hésitez pas à venir nous voir, et prévoyez le plus tôt possible vos voyages, parce que vous semblez nombreux à vouloir faire le déplacement (on ne va pas s'en plaindre, remarquez) et notre appart a beau être génial, c'est pas non plus l'auberge de Steve, niveau espace.

A bientôt, les Frenchies.

Jul and Clem

dimanche 19 octobre 2008

Ô Murrays Bar [Soirées foot]

Il faut que je vous parle d'un truc, encore, désolé, mais croyez-moi, c'est presque une raison suffisante de faire un détour par Dub' au moins une fois dans sa vie : les soirées foot au Murrays Bar.

Notre première expérience avec le Murrays remonte aux heures bénies d'un Roumanie-France où on pensait tous que Ray Domenech allait tailler la route pour de bon. Pour les gens qui n'entravent rien à la chose du ballon rond, juste une précision. Nous sommes actuellement en période de Qualifications pour la prochaine Coupe du Monde, qui se disputera en Afrique du Sud, en 2010. Donc, régulièrement, les différents championnats européens s'interrompent le temps pour tous les pays du monde de disputer un match de ces fameuses qualifications. Autant dire que la France, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, bref tout le monde joue le même soir. Et quand vous avez décidé d'aller voir Roumanie-France dans un pub réputé pour sa centaine de télévisions et qui bâtit sa réputation sur le fait de proposer chaque week-end une cinquantaine de matches de foot, eh ben vous vous embarquez sans le savoir dans une sacrée aventure.


Le Murrays, autrefois appelé le Frazer, se situe en haut de O'Connell, LA grande avenue de Dublin, les Champs Elysées taille réduite, en quelque sorte, avec la Spire (la grande aiguille de 200 mètres de haut) posée au milieu. D'extérieur, il ne séduit pas vraiment le passant, une façade tout ce qu'il y a de plus banale, un tableau noir sur lequel sont tracés à la craie tous les matches diffusés le week-end. Au rez-de-chaussée, ambiance resto, une petite piste de parquet où viennent parfois s'ébattre quelques danseurs de claquettes. Au premier étage, ambiance.


Nous avions eu la bonne idée d'arriver tôt pour squatter une petite table sous une des dizaines de télés, et par bonheur, l'une de celles qui diffusaient le match de la France. Petit à petit, le pub se remplit. C'est multicolore, ça crie, ça braille, ça transporte maladroitement des pintes débordantes de mousse, ça se jette sur les quelques sièges encore disponibles. L'Italie joue une demi-heure avant les autres pays, sans qu'on ne sache trop pourquoi, et les Italiens ont droit à l'écran géant, le rétro-projecteur qui renvoie sur un drap siglé Murrays le match Italie-Bulgarie.


Et puis les autres matches commencent, et les différentes communautés réprésentées à Dublin se pressent chacune dans un coin de la pièce. En partant de la plus représentée : les Polonais, les Français, les Italiens, et les Allemands. Polonais et Français assurent le spectacle, tant dans le pub que sur le terrain, la France se prend deux buts vite fait, ça hurle contre Domenech, le mec qui avait sorti sa corne de supporter se calme pour un temps. La Pologne a dû marquer un but vite fait aussi, parce que ça hurle comme jamais de leur côté. Les Italiens qui passent devant les Français pour aller se ravitailler en bière sourient de toutes leurs dents, d'autres exultent carrément, ne se sont pas retenus de hurler victoire quand la Roumanie nous marquait des buts. Les Allemands ne sont pas en reste, bref, ça chante, chants de supporters à l'appui, ça se chambre en anglais entre Français et Italiens, et puis ça devient carrément n'importe quoi quand la France égalise à 2-2 sur un but d'extra-terrestre, les Italients ne la ramènent plus, quelques Allemands s'approchent pour voir le ralenti, les Français clament des "Allez les Bleus", les 20 personnes assises entre la télé et nous (alors que nous ne sommes qu'à deux mètres de l'écran) discutent (en français) de la prestation des joueurs. C'est peu de dire que l'ambiance est meilleure qu'au stade.

Et puis hier, c'était le derby de Madrid, entre le Real et les matelassiers de l'Atletico, ambiance de dingue, ça parle espagnol dans tous les coins, ça hurle à chaque action, ça Hijo de Puta, ça Puta de Madre. Un truc à vivre une fois dans votre vie, je vous dis. Il y a un type chauve, casquette vissée sur le crâne, les doigts enserrés autour d'une bière qui oublie de se vider, et je vous jure qu'on a cru, à un moment, qu'il ne survivrait pas au final incroyable du derby espagnol de l'année, l'Atletico égalisant à dernière minute, avant de se reprendre un péno dans la foulée.

That's soccer. That's Dublin.

Pour finir, une photo de notre nouvel immeuble, à compter de samedi prochain. A bientôt, les frenchies.


mardi 14 octobre 2008

Dublin calling

Oui, je sais, notre silence fut long, et c'est avec beaucoup de plaisir que nous avons noté que nombre d'entre vous, bande de flagorneurs, réclamaient à corps et à cris des nouvelles de nos aventures irlandaises. Réjouissez-vous, les amis, car je compte bien me rattraper avec ce message forcément consistant et riche en nouvelles. Voici quelles ont été nos occupations tout au long de ces longues semaines.

En premier lieu, le 20 septembre, nous avons eu le bonheur d'accueillir sur nos terres (parce que nous les avons fait nôtres, désormais) notre pote Maël, de passage au pays de la Guinness le temps d'une journée des plus plaisantes, avant de rejoindre Aberdeen, où il a posé ses valises débordant d'enthousiasme et de vêtements chauds (lui débordait d'enthousiasme et les valises de vêtements, non l'inverse). Ce fut un grand moment, que nous avons occupé par une belle promenade dans les rues de la capitale irlandaise, entre la Spire et le Murray's Bar, le Fitzsimmons et une pizzeria. C'est avec, on l'espère, des souvenirs plein la tête qu'il est parti s'émigrer sur l'île voisine. Un week-end riche en célébrations pour nous, puisque la veille, nous avons dit adieu à notre pote français Nicolas, parti s'acheter un iPhone à Pau et qui n'en est jamais revenu.
Nico est porté disparu à Dublin, Jack Malone est sur le coup.

La brieveté de la visite de Malou nous aura quelque peu laissé dans le flou... Vraiment.
Début octobre, nous avons eu l'occasion de revenir en France et de rencontrer quelques uns d'entre vous au mariage d'Efix et Anne, désormais Cottin. Quatre jours assez mouvementés, entre les voitures, les trains et les avions, les aéroports et les gares, le P'tit Camion des parents de Clem et la tuture de mon père. Je ne vais pas m'attarder sur ce week-end, ce n'est pas le propos, nous sommes censés parler d'Irlande en ces lignes. Je tiens juste à préciser que ce fut un moment d'anthologie, un jour à marquer d'une pierre blanche, qui nous restera gravé profondément dans la mémoire, entre ces souvenirs merveilleux que Clem et moi comptons bien accumuler. Des moments comme celui-ci, avec Efix et Anne pour nous montrer la voie. Merci à eux.

C'est donc à cet instant précis, au retour d'un périple forcément éreintant (heureusement que je suis testeur de jeux vidéos, parce que retrouver un vrai travail le mardi matin après être revenu le lundi dans la nuit, ç'aurait pu être délicat, enfin bon, vous demanderez à Clem), et alors que nous pensions être à même de goûter un repos bien mérité, que les choses se sont affolées.


Oui, les choses se sont affolées. Maël n'en revient pas.

D'abord, j'ai eu le plaisir d'apprendre que mon contrat était prolongé d'une semaine. Comme dirait un buveur de Guinness, c'est toujours ça que les Boches auront pas. Et puis là, tout à coup, soudain, brutalement, notre colloc avec qui les relations s'étaient stabilisées à un état que je pourrais qualifier de "Aussi pluvieux que le pays" nous annonce qu'elle nous fout à la porte (en substance, hein, encore que, je vous jure, c'était pas avenant). Dans un état de stupéfaction bien compréhensible comparable à celui d'un buveur de Guinness qui verrait un inconnu lui vider son verre, nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre et de foncer sur daft.ie, le site des jeunes qui n'en veulent et qui savent plus où crécher à Dub'.

Et c'est en exclusivité mondiale, puisque nous l'avons appris il y a trois minutes, alors que j'avais déjà commencé cet article (la vache, mais c'est quasiment du temps réel, non ?), que je tiens à vous annoncer que le premier appart' visité sera le bon. Nous habiterons donc désormais en plein centre-ville, devant Christchurch (c'est d'un original), pour ceux qui connaissent, oui, là-bas, les deux au fond, avec un couple hispano-japonais (comment peut-on s'entêter avec les Espagnols, me direz-vous). L'appartement est juste super, la vue incroyable (ceux qui auront la chance de venir nous rendre visite en rendront compte), et le petit couple nous a l'air tout ce qu'il y a de plus sympathique. Voilà, vous savez, bande de veinards.
Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, j'avais appris hier que mon contrat était (encore) prolongé et surtout, et là c'est le plus important, que j'allais attaquer un nouveau projet la semaine prochaine (oui c'était là que le bât blessait, puisque si je restais plus longtemps par le passé, cela ne faisait que répondre aux exigences de Microsoft, qui souhaitait nous voir passer toujours un peu plus de temps sur leur bébé, mais là, enfin, ma boîte témoigne d'une réelle volonté de me garder, ce qui est appréciable au vu de l'écrémage qui y a cours en ce moment).
Bref, j'espère que vous ne tiendrez pas compte de la brieveté des anecdotes ici, mais je suis quelque peu sous le choc de l'excellente nouvelle et tiens à la partager avec ma petite chérie.
Noir Dez en concert à Temple Bar.
A demain, si vous le voulez bien, sur MSN, pour les fans, et à très vite pour les autres. Et comme dirait un buveur de Guinness : "Christchurch ? C'est la classe."

lundi 8 septembre 2008

I had a dream...

C'est arrivé à l'heure du crime, ou presque. 21:50, en fait, et on se préparait à descendre en ville boire une (?) bière. Au détour d'une conversation forcément virtuelle avec mon ami Efix, prof de son état, rocker de toute son âme, ou l'inverse. MSN me prévient de sa petite alarme stridente que je viens de recevoir un nouvel e-mail. Que je m'empresse d'ouvrir sans hâte, contemple d'abord sans intérêt, que je déchiffre ensuite avec minutie et maladresse. En substance, comme dirait Curtis, ça donnait ça : "Thank you for your message and your interest in working with us. We can offer you a placement as soon as tomorrow. Are you still available/interested?".

Suivait une formule de politesse quelconque, et un nom.

Et voilà. A 10 heures tapantes le lendemain matin, après une heure et demie de tribulations pédestres (maintenant je mets presque une heure pour aller au boulot, marche, tram, re-marche, mais je m'y suis évidemment pris comme un gland la première fois), je frappais de ma petite main tremblante à la porte de Keywords International. Et une heure après, j'étais installé dans un petit box, un casque sur les oreilles, une manette entre les mains.

Regardez ce pauvre Thomas, la preuve en image qu'on exerce un métier pas facile.

http://www.keywordsintl.com/fr/company.htm

Je joue aux jeux vidéo, et on me paie pour ça.

Quand je pense qu'il y a des cons qui font des stages dans une banque pendant 70 jours, palpant parfois plusieurs millions d'euros en billets multicolores tous les jours sans encaisser un seul euro. Sérieusement, combien d'enfants mâles de ma génération, lobotomisés aux tubes cathomerdiques, riant allègrement du Pong sur lequel nos aînés s'étaient défoncé l'entendement, les neurones et le crystallin, cette génération du lecteur MP3 et du Ctrl+C / Ctrl+V, cette génération sacrifiée par ces ingrats de Baby-Boomers qui se sont évertués à avoir des gosses alors qu'ils ne pouvaient pas ignorer qu'on finirait par ne plus pouvoir s'y mettre à plusieurs pour payer leur retraite, combien de garçons, disais-je, n'ont pas rêvé un jour de faire de ce merveilleux monde du jeu vidéo-ludique leur univers professionnel, et de devenir testeurs de jeux vidéo ?

Evidemment, la médaille a son revers. Comme la plupart des jobs en Irlande, celui-ci n'intègre pas vraiment "Sécurité de l'emploi" dans son lexique. Bien au contraire. En clair, je peux me retrouver à la porte dans deux semaines, sans autre formule de politesse que "See you tomorrow - No, sorry". Il n'empêche. Même temporairement, croyez-moi, cette expérience est grisante. Je pourrais vous faire croire que ce n'est pas si rose, que c'est parfois fatigant de recommencer plusieurs fois le même jeu qu'on connaît déjà dans les moindres recoins (ça fait 5 jours que j'ai commencé), par exemple, je pourrais vous raconter qu'aujourd'hui on m'a annoncé que j'étais bon pour reprendre à zéro l'aventure sur laquelle je m'égratinais l'esprit et le pouce gauche depuis plusieurs heures (vous comprenez, on vient de recevoir la dernière version du jeu, la 294), mais ce ne serait pas honnête. Non, c'est juste génial.

Pendant ce temps-là, Clem n'est plus la petite nouvelle dans sa boîte puisqu'une autre française est arrivée aujourd'hui pour reprendre ce rôle ingrat. Notre pote Vincent n'a toujours pas de taf mais ça semble se préciser, j'arrive pas à mater les matches de Caen, et ceux qui me connaissent savent combien cela me désole, Clem redécouvre les Réquisitoires de Desproges, pendant que je découvre le Porter House (pourquoi me l'a t-on caché si longtemps, ce joyau ?) et nous avons déjà nos billets ALLER pour notre séjour en France début octobre.

A bientôt donc, et en espérant que la prochaine fois que je posterai un message ici, je pourrais toujours me targuer d'avoir passé ma journée sur ce fabuleux jeu qui fera saliver les gosses à Noël, et que j'ai déjà fini deux fois avant même qu'il ne sorte. En bref, que le rêve se poursuive. Et je ne parle pas seulement de jeux vidéo, là.

mardi 2 septembre 2008

Relocation in Nowhere

Amis camarades français, bonjour.

Voilà désormais deux semaines que Clémentine et moi cohabitons au 60 Rathdrum Road, Crumlin, Dublin 12. Pour dire la vérité, je ne suis un vrai locataire que depuis samedi seulement, jour où la Coréenne Min-Ju a plié bagages, me laissant la place libre. Mes journées sont donc consacrées actuellement à la recherche intensive d'un emploi. Et sachez-le, j'en ai trouvé plusieurs.

Bon, tâchez de faire disparaître rapidement ce sourire satisfait ; j'ai trouvé 4 boulots : un à Limerick, un autre à Cork, et deux à Belfast. A chaque fois, le scénario est le même, sans surprise, sans saveur, on dirait du Lelouch. Ca commence par une sonnerie, un regard déjà inquiet sur l'écran clignotant de mon téléphone, le constat qu'il s'agit bien d'un numéro irlandais, et puis je retiens mon souffle, décroche et avance un "Allô" bien français pour que mon interlocuteur prenne les pincettes question débit oral.
J'écoute les phrases s'enchaîner, parfois sans logique apparente (en tout cas, elle ne m'apparaît pas toujours), je baragouine quelques mots, me lance parfois dans des explications trop compliquées, dans des phrases trop longues, je subis quelques silences gênés. Bon, je finis généralement par retomber confortablement sur mes pattes, et savoure parfois un compliment quand à mon niveau d'anglais (flagorneurs, dirait quelqu'un). Est-il besoin de tant crier au génie (-sation)? Loin de là.
Et puis il y a ce dénouement atroce, cette phrase soigneusement préparée, ces quelques mots coupables de meurtre sur mes ambitions les plus raisonnables d'un emploi, même précaire, même mal payé, même ingrat. Comme sonne le tocson sur le bonheur vacillant des anonymes muets qui sont nés quelque part, il y a ces syllabes prononcées sur le ton le plus rationnel qui soit : "...relocation... Belfast... agree?". Pour les anglophobes, en gros, on me demande si je veux bien bosser, ok, mais ailleurs. Bon, autant dire que ma réponse négative sonne le glas de ma candidature en bonne voie et que mon interlocutrice (je n'ai eu le plaisir d'échanger qu'avec des femmes) me promet de me rappeler si elle trouve un truc-machin qui correspond à mon profil ou à peu près et qui se situerait à Dublin ou dans les alentours. Bref, je continue de chercher, envoie des CVs chez Hertz, UPS, Google (oui, je sais, haha, tout ça), HP, Keywords (une boîte de jeux vidéos), via monster.ie et jobs.ie. Et puis je me dis que si des mecs ont besoin de moi dans toute l'Irlande, il y a bien quelqu'un qui va finir par se manifester à Dublin. Nan?
Sinon, quoi de neuf, pourriez-vous me demander?


J'ai acheté un téléphone portable, un superbe W200i, avec numéro irlandais (0852833312) et me promène désormais avec deux cellulaires dans les poches, comme le premier Marcel Desailly venu (sauf que Marcel, il ne doit pas avoir une carte pré-payée 10 euros chopée chez Meteor). Un W200i et un W300i. Suis un mec fidèle.



Clémentine n'a toujours pas réussi à m'emmener au Porter House, LE pub tendance à Dublin. En attendant (septembre, qui est déjà là), j'ai fait mien le Fitzsimmons, qui offre à ses clients une magnifique petite terrasse, sur laquelle je promets d'emmener chacun d'entre vous qui aura fait l'effort de venir nous rendre visite.
Enfin, aujourd'hui, j'ai eu l'occasion d'aller chercher mon PPS Number (pour les non-initiés, c'est, comme son nom l'indique, un numéro, que se doit de posséder toute personne désirant travailler au pays de James Joyce - même si c'est pas sûr qu'il en ait eu un, lui, de PPS) et par la même occasion, de visiter Dublin, seul, sous la pluie, of course.





C'est cela, en fait, le plus beau ; apprendre à ne plus se perdre dans des ruelles qui se ressemblent toutes au premier coup d'oeil, errer sans but mais sans fatigue, s'égarer sans se paumer, pour finalement attendre sa tendre et chère sur le toit de son pub préféré en sifflant deux Guinness au passage. Make the city yours, comme le dit l'un de mes prédécesseurs immigrés en terre dublinoise, et ça sonne à mes oreilles comme une fameuse référence à Scarface. Make the city yours !

lundi 25 août 2008

Premiers pas

Bonjour à tous, amis camarades restés en France.
Comme vous le savez sûrement (ou non, mais dans ce cas, vous n'êtes pas nos amis et n'êtes pas dignes de l'être), je viens de rejoindre Clémentine à Dublin, IRLANDE, pour une année qui s'annonce des plus enrichissantes (au niveau culturel, j'entends).


Je suis arrivé mercredi dernier, 23h30 heure locale, soit une heure de moins qu'à Paris. Moins d'une semaine plus tard, Clem et moi avons déjà réglé le problème du logement, sa colocataire coréenne, avec qui elle partageait sa chambre jusqu'à présent, ayant décidé de plier bagages, je n'aurais donc qu'à déplacer mes affaires du salon à la chambre pour me sentir chez moi.
Depuis mon arrivée, Clem et l'un de nos meilleurs amis, Gad (aka Vincent), m'ont fait visiter la ville et quelques uns de ses bars, évidemment, parmi lesquels le Hogan's et le Fitzsimmons.

Ce blog nous permettra de vous donner régulièrement de nos nouvelles, sans avoir à écrire des centaines de mails lourds de photos et autres objets co(s)miques que nous voudrions partager avec vous.
De gauche à droite : un pote des Coréennes qu'on connaît pas, Clem, Min Ju (la coloc de Clem), la copine de Min Ju, Nico, un autre français, et moi. Derrière l'appareil : Vincent.


So, that's HOW I MET DUBLIN.