Au bout de trois heures de route à gauche, nous voila arrivés à l’autre bout de l’Irlande, Galway, la porte d’entrée du Connemara.
Galway a le mérite d'être un peu plus "typique" que ne l'est Dublin, cité multicolore et multiculturelle, melting-pot accueillant à peu près toutes les nationalités d'Europe. Galway est aussi une petite ville. Avec un grand Penneys. Penneys, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un peu... le Tout à 2 euros de la fringue.
C'est au Penneys que Julien et moi avons acheté une literie complète pour 35 euros. C'est à Penneys que vous pouvez trouver des T-shirts originaux et pas si fragiles à 4 euros. Quand ils ne sont pas en solde. Comme dit Efix, dans ce genre de magasin, on ne peut pas ignorer qu'il y a bien un maillon de la chaîne qui en pâtît. Mais s'en tirer pour moins de 50 euros pour trois T-shirts, une chemise avec cravate, une paire de chaussures, des sous-vêtements, deux blousons et j'en passe, je vous jure, ça fait taire la bonne conscience.
Après le Penneys de Galway, direction l'auberge que nous avions choisie pour dormir le samedi soir. Et nous sommes arrivés chez Steve (pas Savidan, non, un autre).
Déjà, le panneau dans le bourg qui indiquait la direction opposée, ça aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Steve a élu domicile dans un ancien monastère, derrière l'église. Et la maison de Steve, c'est juste un truc indescriptible, une baraque à mi-chemin entre le taudis et la caverne d'Ali Baba, ou entre Eurodisney et la grotte de Lascaux.
La douche...
Chez Steve, on trouve de tout :
-des crânes d'animaux non identifiés
-un vivarium rempli de peluches
-une cage à lapins avec une pancarte "Don't Talk To The Animals"
-des cabines de douche/boîtes de nuit, avec guirlandes électriques bleues pour tapisser les parois, avec gramophone et musiques des années 50
-des chambres dans lesquelles on s'installe comme on peut
-du pudding qu'il fait lui-même (c'est mon premier pudding, et c'est pas vraiment un truc de dingue)
-un américain gentil comme tout (mais on y reviendra)
-un Français de Coutances
-une Française Wookie
-un homme d'entretien qui semblait français et qui avait oublié son amabilité quelque part entre la France et Letterfrack
-des caravanes
-un bar pour faire des fêtes
-une collection de casquettes
-des tableaux impressionnistes, cubistes, surréalistes, pointillistes
-des affiches vantant des expositions en France en 1931
Bon, on s'est un peu demandé si Steve n'était pas en fait un mort qui n'avait jamais renoncé à s'occuper des touristes, surtout qu'il avait mystérieusement disparu de la surface de l'Irlande quand nous sommes arrivés, mais bon, des lits chauds, le petit déj frais, tout cela pour 15 euros par personne, franchement, pour passer quelques heures dans un lieu si surréaliste, on a pas eu l'impression de se faire avoir.
Le lendemain matin, nous avons donc exploré le Connemara. Après une petite ballade dans les montagnes environnantes, Efix et Julien ont tenté de sympathiser avec de braves autochtones laineux, braves mais finalement si peu amicaux.
Direction la Toyota, pour reprendre la route, et pas n'importe laquelle : the Skyroad.
Bon là, on atteint un point de la narration ou je vais devoir laisser les images parler pour moi. Parce que même Chateaubriand et Sardou ne suffiraient pas pour décrire le Connemara, ce vent qui fouette le visage et qui ramène les vagues se fracasser contre les rochers, ces paysages vallonnés, ces lacs, ces routes en zig-zag parfois arpentés par des troupeaux de ruminants à l'air jovial, ces averses brutales et cette impression de totale communion avec la nature sauvage (ouais, je sais, je commence à écrire comme un journaliste de Géo). Bref, venez dans le Connemara, bon dieu de nouille, ou mourrez idiots.
Au final, ce fut un week-end d'une rare plénitude que nous avons passé sur les routes et les plateaux avec nos amis les nouveaux mariés. D'ailleurs ce fut une super semaine, marquée également, en vrac, par une séance de cinéma de première bourre (le dernier 007), un fast-food d'anthologie (le Eddie Rockett's), quelques heures inoubliables dans un pub (Anne retrouve une copine pas vue depuis deux ans, Julien subit les assauts d'un fan qui le poursuit en hurlant "You're my hero" après qu'il lui ait dit quel métier il exerçait en Irlande), et quelques films regardés tous les quatre, dans notre super appart.
JUL :
Sinon, les autres nouvelles :
-il semble que je vais pouvoir garder mon job assez longtemps pour valider mes six mois, ce qui est inattendu.
-il semble que Clem pourra valider ses six mois aussi, mais pas plus, vu que sa boîte se débarrasse des stagiaires, ce qui est inattendu, mais con (elle bossera donc jusque début décembre).
-nous nous entendons super bien avec nos colocs et notre appart est parfait (y a que les cloches de Christchurch tous les dimanche matins qui donnent envie de se tirer une balle dans le pied, surtout quand on n'a pas le double vitrage).
-on vient de vivre un match de dingue au Murray's (pour ceux qui ne connaissent pas, lire article ci-dessous), France-Uruguay, une rencontre mi-emmerdante, mi-Savidan
-notre pote Vincent a déménagé hors de Dub' pour se rapprocher de son taf
-j'ai gagné 80 euros au poker dans un cercle de jeu
-Clem a failli se casser le pied dans un moment de nostalgie gymnastique mais ça va mieux
-j'ai repris les overtimes (heures sup'), six jours de boulot par semaine, 10 heures chacun, vlan.
-nous rentrons tous les deux pour Noel, Clem deux semaines et moi juste une, mais quand même assez pour ne pas louper Caen-Lyon
Enfin, pour conclure, nous aurons bientôt le plaisir d'accueillir mes parents au pays de James Joyce (entre le 28 et le 30 novembre). N'hésitez pas à venir nous voir, et prévoyez le plus tôt possible vos voyages, parce que vous semblez nombreux à vouloir faire le déplacement (on ne va pas s'en plaindre, remarquez) et notre appart a beau être génial, c'est pas non plus l'auberge de Steve, niveau espace.
A bientôt, les Frenchies.
Jul and Clem
2 commentaires:
Ici les mariés. On est plus que flattés de se voir ainsi cités et/ou narrés. Nous ne pouvons que vous remercier une fois encore pour le séjour, l'accueil et tout le reste - y compris cet article d'anthologie qui aura vu Clémi-Clémouille prendre son courage et son clavier à deux mains (on sent que ça vient, du coup...).
Bon courage pour la suite, et rencard à Noyel.
Anne & Efix.
je ne me lasse pas de vous lire alors j'ai remis çà à l'école (et oui c'est vendredi). Continuez comme çà . Bises. patricia
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