Il faut que je vous parle d'un truc, encore, désolé, mais croyez-moi, c'est presque une raison suffisante de faire un détour par Dub' au moins une fois dans sa vie : les soirées foot au Murrays Bar.
Notre première expérience avec le Murrays remonte aux heures bénies d'un Roumanie-France où on pensait tous que Ray Domenech allait tailler la route pour de bon. Pour les gens qui n'entravent rien à la chose du ballon rond, juste une précision. Nous sommes actuellement en période de Qualifications pour la prochaine Coupe du Monde, qui se disputera en Afrique du Sud, en 2010. Donc, régulièrement, les différents championnats européens s'interrompent le temps pour tous les pays du monde de disputer un match de ces fameuses qualifications. Autant dire que la France, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, bref tout le monde joue le même soir. Et quand vous avez décidé d'aller voir Roumanie-France dans un pub réputé pour sa centaine de télévisions et qui bâtit sa réputation sur le fait de proposer chaque week-end une cinquantaine de matches de foot, eh ben vous vous embarquez sans le savoir dans une sacrée aventure.
Le Murrays, autrefois appelé le Frazer, se situe en haut de O'Connell, LA grande avenue de Dublin, les Champs Elysées taille réduite, en quelque sorte, avec la Spire (la grande aiguille de 200 mètres de haut) posée au milieu. D'extérieur, il ne séduit pas vraiment le passant, une façade tout ce qu'il y a de plus banale, un tableau noir sur lequel sont tracés à la craie tous les matches diffusés le week-end. Au rez-de-chaussée, ambiance resto, une petite piste de parquet où viennent parfois s'ébattre quelques danseurs de claquettes. Au premier étage, ambiance.Nous avions eu la bonne idée d'arriver tôt pour squatter une petite table sous une des dizaines de télés, et par bonheur, l'une de celles qui diffusaient le match de la France. Petit à petit, le pub se remplit. C'est multicolore, ça crie, ça braille, ça transporte maladroitement des pintes débordantes de mousse, ça se jette sur les quelques sièges encore disponibles. L'Italie joue une demi-heure avant les autres pays, sans qu'on ne sache trop pourquoi, et les Italiens ont droit à l'écran géant, le rétro-projecteur qui renvoie sur un drap siglé Murrays le match Italie-Bulgarie.
Et puis les autres matches commencent, et les différentes communautés réprésentées à Dublin se pressent chacune dans un coin de la pièce. En partant de la plus représentée : les Polonais, les Français, les Italiens, et les Allemands. Polonais et Français assurent le spectacle, tant dans le pub que sur le terrain, la France se prend deux buts vite fait, ça hurle contre Domenech, le mec qui avait sorti sa corne de supporter se calme pour un temps. La Pologne a dû marquer un but vite fait aussi, parce que ça hurle comme jamais de leur côté. Les Italiens qui passent devant les Français pour aller se ravitailler en bière sourient de toutes leurs dents, d'autres exultent carrément, ne se sont pas retenus de hurler victoire quand la Roumanie nous marquait des buts. Les Allemands ne sont pas en reste, bref, ça chante, chants de supporters à l'appui, ça se chambre en anglais entre Français et Italiens, et puis ça devient carrément n'importe quoi quand la France égalise à 2-2 sur un but d'extra-terrestre, les Italients ne la ramènent plus, quelques Allemands s'approchent pour voir le ralenti, les Français clament des "Allez les Bleus", les 20 personnes assises entre la télé et nous (alors que nous ne sommes qu'à deux mètres de l'écran) discutent (en français) de la prestation des joueurs. C'est peu de dire que l'ambiance est meilleure qu'au stade.
Et puis hier, c'était le derby de Madrid, entre le Real et les matelassiers de l'Atletico, ambiance de dingue, ça parle espagnol dans tous les coins, ça hurle à chaque action, ça Hijo de Puta, ça Puta de Madre. Un truc à vivre une fois dans votre vie, je vous dis. Il y a un type chauve, casquette vissée sur le crâne, les doigts enserrés autour d'une bière qui oublie de se vider, et je vous jure qu'on a cru, à un moment, qu'il ne survivrait pas au final incroyable du derby espagnol de l'année, l'Atletico égalisant à dernière minute, avant de se reprendre un péno dans la foulée.That's soccer. That's Dublin.
Pour finir, une photo de notre nouvel immeuble, à compter de samedi prochain. A bientôt, les frenchies.
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