dimanche 19 octobre 2008

Ô Murrays Bar [Soirées foot]

Il faut que je vous parle d'un truc, encore, désolé, mais croyez-moi, c'est presque une raison suffisante de faire un détour par Dub' au moins une fois dans sa vie : les soirées foot au Murrays Bar.

Notre première expérience avec le Murrays remonte aux heures bénies d'un Roumanie-France où on pensait tous que Ray Domenech allait tailler la route pour de bon. Pour les gens qui n'entravent rien à la chose du ballon rond, juste une précision. Nous sommes actuellement en période de Qualifications pour la prochaine Coupe du Monde, qui se disputera en Afrique du Sud, en 2010. Donc, régulièrement, les différents championnats européens s'interrompent le temps pour tous les pays du monde de disputer un match de ces fameuses qualifications. Autant dire que la France, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, bref tout le monde joue le même soir. Et quand vous avez décidé d'aller voir Roumanie-France dans un pub réputé pour sa centaine de télévisions et qui bâtit sa réputation sur le fait de proposer chaque week-end une cinquantaine de matches de foot, eh ben vous vous embarquez sans le savoir dans une sacrée aventure.


Le Murrays, autrefois appelé le Frazer, se situe en haut de O'Connell, LA grande avenue de Dublin, les Champs Elysées taille réduite, en quelque sorte, avec la Spire (la grande aiguille de 200 mètres de haut) posée au milieu. D'extérieur, il ne séduit pas vraiment le passant, une façade tout ce qu'il y a de plus banale, un tableau noir sur lequel sont tracés à la craie tous les matches diffusés le week-end. Au rez-de-chaussée, ambiance resto, une petite piste de parquet où viennent parfois s'ébattre quelques danseurs de claquettes. Au premier étage, ambiance.


Nous avions eu la bonne idée d'arriver tôt pour squatter une petite table sous une des dizaines de télés, et par bonheur, l'une de celles qui diffusaient le match de la France. Petit à petit, le pub se remplit. C'est multicolore, ça crie, ça braille, ça transporte maladroitement des pintes débordantes de mousse, ça se jette sur les quelques sièges encore disponibles. L'Italie joue une demi-heure avant les autres pays, sans qu'on ne sache trop pourquoi, et les Italiens ont droit à l'écran géant, le rétro-projecteur qui renvoie sur un drap siglé Murrays le match Italie-Bulgarie.


Et puis les autres matches commencent, et les différentes communautés réprésentées à Dublin se pressent chacune dans un coin de la pièce. En partant de la plus représentée : les Polonais, les Français, les Italiens, et les Allemands. Polonais et Français assurent le spectacle, tant dans le pub que sur le terrain, la France se prend deux buts vite fait, ça hurle contre Domenech, le mec qui avait sorti sa corne de supporter se calme pour un temps. La Pologne a dû marquer un but vite fait aussi, parce que ça hurle comme jamais de leur côté. Les Italiens qui passent devant les Français pour aller se ravitailler en bière sourient de toutes leurs dents, d'autres exultent carrément, ne se sont pas retenus de hurler victoire quand la Roumanie nous marquait des buts. Les Allemands ne sont pas en reste, bref, ça chante, chants de supporters à l'appui, ça se chambre en anglais entre Français et Italiens, et puis ça devient carrément n'importe quoi quand la France égalise à 2-2 sur un but d'extra-terrestre, les Italients ne la ramènent plus, quelques Allemands s'approchent pour voir le ralenti, les Français clament des "Allez les Bleus", les 20 personnes assises entre la télé et nous (alors que nous ne sommes qu'à deux mètres de l'écran) discutent (en français) de la prestation des joueurs. C'est peu de dire que l'ambiance est meilleure qu'au stade.

Et puis hier, c'était le derby de Madrid, entre le Real et les matelassiers de l'Atletico, ambiance de dingue, ça parle espagnol dans tous les coins, ça hurle à chaque action, ça Hijo de Puta, ça Puta de Madre. Un truc à vivre une fois dans votre vie, je vous dis. Il y a un type chauve, casquette vissée sur le crâne, les doigts enserrés autour d'une bière qui oublie de se vider, et je vous jure qu'on a cru, à un moment, qu'il ne survivrait pas au final incroyable du derby espagnol de l'année, l'Atletico égalisant à dernière minute, avant de se reprendre un péno dans la foulée.

That's soccer. That's Dublin.

Pour finir, une photo de notre nouvel immeuble, à compter de samedi prochain. A bientôt, les frenchies.


mardi 14 octobre 2008

Dublin calling

Oui, je sais, notre silence fut long, et c'est avec beaucoup de plaisir que nous avons noté que nombre d'entre vous, bande de flagorneurs, réclamaient à corps et à cris des nouvelles de nos aventures irlandaises. Réjouissez-vous, les amis, car je compte bien me rattraper avec ce message forcément consistant et riche en nouvelles. Voici quelles ont été nos occupations tout au long de ces longues semaines.

En premier lieu, le 20 septembre, nous avons eu le bonheur d'accueillir sur nos terres (parce que nous les avons fait nôtres, désormais) notre pote Maël, de passage au pays de la Guinness le temps d'une journée des plus plaisantes, avant de rejoindre Aberdeen, où il a posé ses valises débordant d'enthousiasme et de vêtements chauds (lui débordait d'enthousiasme et les valises de vêtements, non l'inverse). Ce fut un grand moment, que nous avons occupé par une belle promenade dans les rues de la capitale irlandaise, entre la Spire et le Murray's Bar, le Fitzsimmons et une pizzeria. C'est avec, on l'espère, des souvenirs plein la tête qu'il est parti s'émigrer sur l'île voisine. Un week-end riche en célébrations pour nous, puisque la veille, nous avons dit adieu à notre pote français Nicolas, parti s'acheter un iPhone à Pau et qui n'en est jamais revenu.
Nico est porté disparu à Dublin, Jack Malone est sur le coup.

La brieveté de la visite de Malou nous aura quelque peu laissé dans le flou... Vraiment.
Début octobre, nous avons eu l'occasion de revenir en France et de rencontrer quelques uns d'entre vous au mariage d'Efix et Anne, désormais Cottin. Quatre jours assez mouvementés, entre les voitures, les trains et les avions, les aéroports et les gares, le P'tit Camion des parents de Clem et la tuture de mon père. Je ne vais pas m'attarder sur ce week-end, ce n'est pas le propos, nous sommes censés parler d'Irlande en ces lignes. Je tiens juste à préciser que ce fut un moment d'anthologie, un jour à marquer d'une pierre blanche, qui nous restera gravé profondément dans la mémoire, entre ces souvenirs merveilleux que Clem et moi comptons bien accumuler. Des moments comme celui-ci, avec Efix et Anne pour nous montrer la voie. Merci à eux.

C'est donc à cet instant précis, au retour d'un périple forcément éreintant (heureusement que je suis testeur de jeux vidéos, parce que retrouver un vrai travail le mardi matin après être revenu le lundi dans la nuit, ç'aurait pu être délicat, enfin bon, vous demanderez à Clem), et alors que nous pensions être à même de goûter un repos bien mérité, que les choses se sont affolées.


Oui, les choses se sont affolées. Maël n'en revient pas.

D'abord, j'ai eu le plaisir d'apprendre que mon contrat était prolongé d'une semaine. Comme dirait un buveur de Guinness, c'est toujours ça que les Boches auront pas. Et puis là, tout à coup, soudain, brutalement, notre colloc avec qui les relations s'étaient stabilisées à un état que je pourrais qualifier de "Aussi pluvieux que le pays" nous annonce qu'elle nous fout à la porte (en substance, hein, encore que, je vous jure, c'était pas avenant). Dans un état de stupéfaction bien compréhensible comparable à celui d'un buveur de Guinness qui verrait un inconnu lui vider son verre, nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre et de foncer sur daft.ie, le site des jeunes qui n'en veulent et qui savent plus où crécher à Dub'.

Et c'est en exclusivité mondiale, puisque nous l'avons appris il y a trois minutes, alors que j'avais déjà commencé cet article (la vache, mais c'est quasiment du temps réel, non ?), que je tiens à vous annoncer que le premier appart' visité sera le bon. Nous habiterons donc désormais en plein centre-ville, devant Christchurch (c'est d'un original), pour ceux qui connaissent, oui, là-bas, les deux au fond, avec un couple hispano-japonais (comment peut-on s'entêter avec les Espagnols, me direz-vous). L'appartement est juste super, la vue incroyable (ceux qui auront la chance de venir nous rendre visite en rendront compte), et le petit couple nous a l'air tout ce qu'il y a de plus sympathique. Voilà, vous savez, bande de veinards.
Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, j'avais appris hier que mon contrat était (encore) prolongé et surtout, et là c'est le plus important, que j'allais attaquer un nouveau projet la semaine prochaine (oui c'était là que le bât blessait, puisque si je restais plus longtemps par le passé, cela ne faisait que répondre aux exigences de Microsoft, qui souhaitait nous voir passer toujours un peu plus de temps sur leur bébé, mais là, enfin, ma boîte témoigne d'une réelle volonté de me garder, ce qui est appréciable au vu de l'écrémage qui y a cours en ce moment).
Bref, j'espère que vous ne tiendrez pas compte de la brieveté des anecdotes ici, mais je suis quelque peu sous le choc de l'excellente nouvelle et tiens à la partager avec ma petite chérie.
Noir Dez en concert à Temple Bar.
A demain, si vous le voulez bien, sur MSN, pour les fans, et à très vite pour les autres. Et comme dirait un buveur de Guinness : "Christchurch ? C'est la classe."